Norme ISO 16128 : vers la fin des produits vraiment bio ?

Norme ISO 16128 produits bio

Bouleversements sur la planète bio

Je ne sais pas si tu en a entendu parler, mais il se pourrait que reconnaître un cosmétique bio dans un avenir très proche devienne un sport olympique. En effet, la norme ISO 16128, nouvelle norme européenne concernant les cosmétiques (et qui sera vraisemblablement en vigueur à la fin de l’année) va embrouiller les pistes pour les consommateurs.

Cette norme est le fruit du résultat de discussions débutées depuis 2010 à la demande de marques de cosmétique conventionnelle. 28 délégations représentant les 28 pays de l’Union Européenne ont donc travaillé sur la question. Cependant, il faut savoir que la plupart des délégations des pays étaient constituées d’une majorité de représentants de marques conventionnelles issue de grands groupes. Il fallait en effet payer pour participer aux discussions, ce que bien entendu, peu de petites marques bio pouvaient se permettre… Dans de telles conditions, l’industrie cosmétique conventionnelle n’a donc eu aucun mal à avoir plus de poids dans les débats et malgré l’opposition des labels Cosmébio et ECOCERT, la norme a été votée par une large majorité.

L’ISO 16128 autorisera ainsi les marques de cosmétiques utilisant la pétrochimie à se revendiquer bio et/ou naturels ! En effet, des conservateurs ou composants décriés comme dangereux ou potentiellement dangereux dans les formulations seront tolérés ! Il ne sera donc plus impossible de voir des parabènes, des silicones, du phénoxyéthanol, des parfums de synthèse et même des dérivés d’animaux morts dans les produits… De plus, la norme ISO n’imposera pas non plus de pourcentage minimal de bio dans le produit fini.

Le vrai problème

Cette norme ISO va être une sacrée source de confusion chez le consommateur puisque les termes « bio » et « naturel » seront aposés sur des produits qui vraisemblablement ne le seront pas totalement. De surcroît, même sort sur notre environnement : solvants pétrochimiques et ingrédients polluants seront également tolérés sous cette nouvelle norme. Le greenwashing a encore de beaux jours devant lui ! On peut aisément imaginer combien les marques qui profiteront de cette nouvelle réglementation tenteront de tourner les choses à leur avantage. On a pas fini de nous faire croire que ces produits sont inoffensifs non seulement pour notre santé, mais aussi pour notre environnement…

Comment allons-nous pouvoir identifier les véritables produits cosmétiques bio?

Il faudra plus que jamais chercher mention des labels du bio sur les paquets de nos cosmétiques. Gages de sérieux et seul véritable moyen de ne pas tomber dans le piège de termes douteux sur les packagings.Le label européen Cosmos Organic reste le plus fiable. Les produits vendus sous cette appellation doivent respecter les critères suivants :

  • 95 à 100% des ingrédients du produits doivent être naturels,
  • 95 à 100% d’ingrédients bio sur les ingrédients végétaux,
  • Avoir un maximum de 5% d’ingrédients approuvés dans une liste restrictive,
  • Avoir une teneur en ingrédients bio sur le total des ingrédients (avec l’eau) à au moins 20%,
  • Etre biodégradable : seuls les ingrédients biodégradables sont acceptés.

 

Ce que j’en pense

Je suis complètement alarmée de voir que là où le consommateur mérite pleinement de savoir ce qu’il consomme, on trouve encore le moyen de détruire la confiance des acheteurs. Encore une fois, l’argent est roi et permet d’arriver à un total floutage de termes… Ainsi les termes « bio » et « naturel » ne voudront absolument plus rien dire puisqu’on pourra adjoindre n’importe quelle saloperie dérivée de la pétrochimie dans le contenu des produits estampillés par ces mots !

C’est une grave tentative de tromper le consommateur. Si celui-ci ne sait pas un peu lire les ingrédients INCI, il ne sera pas en mesure de s’assurer que les produits qu’il utilise ne seront pas mauvais pour lui ou contre son mode de vie. Il faudra être encore plus attentif aux labels qui resteront les seuls indices concernant les produits les moins dangereux.

Et toi, que penses-tu de cette nouvelle norme?

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