Que faire en Suisse : 17 incontournables et mon guide pratique
Par Audrey 19 mars 2024 10 min de lecture
Que faire en Suisse ? Pour un premier voyage, visez trois ensembles : les rives du lac Léman (Genève, Lausanne, les vignes de Lavaux, le château de Chillon), la Suisse centrale et l’Oberland bernois (Lucerne, Interlaken, Lauterbrunnen, le Jungfraujoch) et le Valais autour de Zermatt et du Cervin. Ajoutez Berne, Zurich ou les chutes du Rhin selon votre point d’entrée. Le pays est petit et le train relie presque tout : en une semaine, on voit déjà beaucoup.
Depuis Nantes, la Suisse a longtemps été pour moi une destination « trop chère, trop loin ». J’ai fini par y aller en train, et c’est devenu l’un de mes voyages préférés. Voici mon guide : 17 incontournables classés par région, les trains panoramiques, des idées d’itinéraire en 3 et 7 jours, puis tout le pratique (pass, vignette, téléphone) que j’aurais aimé connaître avant de partir.
Que faire en Suisse : les 17 incontournables
- Le Jet d’Eau et la vieille ville de Genève
- Lausanne et le Musée olympique
- Les vignes en terrasses de Lavaux
- Le château de Chillon, près de Montreux
- La vieille ville de Berne
- Gruyères, son château et sa fromagerie
- Lucerne et le pont de la Chapelle
- Le mont Pilatus
- Interlaken, entre deux lacs
- La vallée de Lauterbrunnen
- Le Jungfraujoch
- Le lac d’Oeschinen
- Zermatt et le Cervin
- Le glacier d’Aletsch
- Zurich
- Bâle
- Les chutes du Rhin
Le lac Léman : Genève, Lausanne, Lavaux et Montreux
C’est la porte d’entrée naturelle quand on vient de France, et la partie la plus facile à visiter en français.
Genève
Le Jet d’Eau projette sa colonne à environ 140 mètres au-dessus de la rade : on le voit de presque partout. Montez ensuite dans la vieille ville jusqu’à la cathédrale Saint-Pierre, puis traversez le Rhône vers les Pâquis pour un bain ou un café au bord de l’eau. Genève accueille aussi le siège européen des Nations unies au Palais des Nations, qui se visite sur réservation. Comptez une journée.
Lausanne
Ville en pente, à flanc de colline, Lausanne se parcourt en métro autant qu’à pied. Le Musée olympique, sur les quais d’Ouchy, plaira même à ceux qui ne suivent pas le sport ; la cathédrale gothique domine la vieille ville. Lausanne est aussi le siège du Comité international olympique.
Lavaux
Entre Lausanne et Montreux, les vignes en terrasses de Lavaux descendent jusqu’au lac. Le site est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2007. Un sentier balisé relie les villages vignerons : choisissez un tronçon de deux ou trois heures et revenez en train, la ligne longe le lac.
Montreux et le château de Chillon
Le château de Chillon semble posé sur l’eau, à quelques kilomètres de Montreux. Lord Byron lui a consacré son poème Le Prisonnier de Chillon en 1816. On y accède à pied par la promenade fleurie des quais depuis Montreux, où la statue de Freddie Mercury fait face au lac. En juillet, la ville accueille le Montreux Jazz Festival, créé en 1967. D’autres grands rendez-vous figurent dans ma sélection des plus grands festivals du monde.
Berne et Gruyères
Berne
Berne n’est pas officiellement la capitale : la Constitution n’en désigne aucune, et la ville porte le titre de « ville fédérale ». Sa vieille ville, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco en 1983, aligne plusieurs kilomètres d’arcades, des fontaines peintes et la tour de l’horloge, la Zytglogge, dont le mécanisme s’anime à chaque heure. Descendez jusqu’au parc aux ours, au bord de l’Aar. Une demi-journée suffit, une journée si vous voulez musées et baignade dans la rivière l’été.
Gruyères
Petite cité médiévale perchée, avec une rue principale piétonne et un château. En bas de la colline, la fromagerie de démonstration explique la fabrication du gruyère. Curiosité inattendue : le musée consacré à H. R. Giger, le créateur visuel d’Alien, installé dans le village. C’est une étape facile entre le Léman et Berne.
Lucerne et la Suisse centrale
Lucerne
Lucerne est la carte postale suisse par excellence : le pont de la Chapelle (Kapellbrücke), pont couvert en bois orné de peintures, traverse la Reuss à côté de sa tour octogonale. Ravagé par un incendie en 1993, il a été reconstruit. À quelques minutes à pied, le Monument du Lion, sculpté dans la roche, rend hommage aux gardes suisses morts à Paris en 1792. Prenez aussi un bateau sur le lac des Quatre-Cantons.
Le mont Pilatus
Depuis Alpnachstad, un train à crémaillère grimpe vers le sommet du Pilatus avec des pentes allant jusqu’à 48 %, ce qui en fait la crémaillère la plus raide du monde. Elle fonctionne seulement à la belle saison ; le reste de l’année, on monte par les téléphériques côté Kriens. La boucle bateau, crémaillère et téléphérique depuis Lucerne occupe une belle journée.
L’Oberland bernois : Interlaken, Lauterbrunnen et le Jungfraujoch
Interlaken
Comme son nom l’indique, la ville se trouve entre deux lacs, celui de Thoune et celui de Brienz. Elle n’a rien d’exceptionnel en elle-même, mais c’est la meilleure base pour rayonner dans l’Oberland : trains, bateaux et remontées partent de là.
Lauterbrunnen
Une vallée glaciaire aux parois verticales, d’où tombent des dizaines de cascades. La plus célèbre, le Staubbach, chute d’environ 300 mètres juste derrière le village. Un peu plus loin, les chutes du Trümmelbach descendent à l’intérieur de la montagne et se visitent par un ascenseur creusé dans la roche, en saison.
Le Jungfraujoch
À 3 454 mètres, la gare du Jungfraujoch est la plus haute d’Europe. Le train traverse l’Eiger en tunnel avant de déboucher face au glacier d’Aletsch. C’est spectaculaire, mais c’est aussi l’un des billets les plus chers du pays : vérifiez les tarifs du jour sur le site officiel, regardez la météo du sommet avant de payer (par temps couvert, on ne voit rien) et montez tôt.
Le lac d’Oeschinen
Au-dessus de Kandersteg, une télécabine mène près de ce lac turquoise entouré de falaises. La balade jusqu’à la rive est accessible à tous ; les plus courageux font le tour par le sentier panoramique, plus exigeant. C’est mon plus beau souvenir de randonnée en Suisse.
Le Valais : Zermatt, le Cervin et le glacier d’Aletsch
Zermatt et le Cervin
Le village est interdit aux voitures à moteur thermique : on laisse la sienne à Täsch et on termine en navette ferroviaire. Au-dessus, le Cervin (Matterhorn) culmine à 4 478 mètres. Le train à crémaillère du Gornergrat monte jusqu’à 3 089 mètres pour l’une des plus belles vues sur la pyramide. Prévoyez au moins une nuit sur place : la lumière du lever de soleil sur le sommet vaut le réveil.
Le glacier d’Aletsch
C’est le plus grand glacier des Alpes, long d’une vingtaine de kilomètres, inscrit avec la région de la Jungfrau au patrimoine mondial de l’Unesco en 2001. Les belvédères du côté de Riederalp et de Bettmeralp, accessibles en téléphérique, offrent la vue la plus complète. Le glacier recule chaque année, ce qui rend la visite aussi belle que mélancolique.
Zurich, Bâle et les chutes du Rhin
Zurich
La plus grande ville du pays se découvre à pied entre la vieille ville, les quais de la Limmat et le lac. Le Kunsthaus réunit une très belle collection d’art, et les gourmands pousseront jusqu’à Kilchberg, au bord du lac, pour le musée du chocolat Lindt Home of Chocolate. Une journée suffit pour un premier aperçu.
Bâle
Ville frontalière avec la France et l’Allemagne, Bâle est la capitale suisse des musées : le Kunstmuseum, l’un des plus anciens musées d’art public au monde, et la Fondation Beyeler, à Riehen. Si vous passez en février ou en mars, le carnaval (Fasnacht) dure trois jours et commence à 4 heures du matin avec le Morgenstreich, toutes lumières éteintes.
Les chutes du Rhin
Près de Schaffhouse, le Rhin tombe sur environ 23 mètres de haut et 150 mètres de large : ce sont les chutes les plus puissantes d’Europe par leur débit. Un bateau vous dépose sur le rocher central, au milieu du fracas. À moins d’une heure de train de Zurich, c’est une excursion facile d’une demi-journée.
Les trains panoramiques
Visiter la Suisse en train panoramique est une expérience en soi, à condition de savoir ce qu’on achète.
- Le Glacier Express relie Zermatt à Saint-Moritz en environ huit heures. On le surnomme « l’express le plus lent du monde », et c’est le principe : on traverse les Alpes en regardant défiler cols et viaducs.
- Le Bernina Express part de Coire ou de Saint-Moritz et descend jusqu’à Tirano, en Italie. Les lignes de l’Albula et de la Bernina sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2008.
- Le GoldenPass Express relie Montreux à Interlaken sans changement depuis décembre 2022, grâce à des voitures capables de changer d’écartement de voie.
Mon avis franc : ces trains demandent un supplément de réservation en plus du billet, et les voitures panoramiques chauffent vite en été. Les trains régionaux empruntent souvent les mêmes voies, avec des fenêtres qui s’ouvrent pour les photos. Si votre budget est serré, c’est une excellente alternative.
Combien de jours pour visiter la Suisse ?
Visiter la Suisse en 3 jours
Restez sur une seule région pour ne pas passer votre séjour dans les trains. Depuis la France, le plus simple : jour 1 à Genève, jour 2 à Lausanne et dans les vignes de Lavaux, jour 3 à Montreux et au château de Chillon. Autre option : trois jours à Lucerne avec le Pilatus et une journée au bord du lac des Quatre-Cantons.
Visiter la Suisse en 7 jours
Un itinéraire en boucle qui m’a bien réussi :
- jours 1 et 2 : Genève, puis Lausanne et Lavaux ;
- jour 3 : Montreux et Chillon, puis le GoldenPass Express vers Interlaken ;
- jours 4 et 5 : Lauterbrunnen, le Jungfraujoch ou le lac d’Oeschinen selon la météo ;
- jour 6 : Berne ;
- jour 7 : Lucerne, avant de rentrer par Bâle ou Zurich.
Avec dix jours, ajoutez le Valais (Zermatt) et une journée de Glacier Express.
Quand partir en Suisse ?
L’été (juin à septembre) est la saison de la montagne : sentiers dégagés, remontées et trains de montagne en service, baignade dans les lacs. C’est aussi la période la plus fréquentée, donc la plus chère. L’hiver (décembre à mars) est celle du ski et des marchés de Noël. Attention aux intersaisons, en avril-mai et surtout en novembre : beaucoup de remontées mécaniques ferment pour révision, et certains villages de montagne tournent au ralenti. Les villes, elles, se visitent toute l’année.
Les plus beaux endroits de Suisse en été
L’été est la saison où la Suisse est la plus belle, à mon avis. Voici mes coups de cœur de juin à septembre, parmi les incontournables ci-dessus et quelques ajouts :
- Le lac d’Oeschinen, au-dessus de Kandersteg : une eau turquoise au pied des falaises, accessible en télécabine puis à pied.
- Lauterbrunnen et ses cascades, au plus fort de leur débit à la fonte des neiges, en juin et juillet.
- Le lac de Brienz, d’un bleu laiteux incroyable, avec la cascade de Giessbach à rejoindre en bateau à vapeur depuis Interlaken.
- Zermatt et le Cervin, pour les randonnées des cinq lacs, où le sommet se reflète par temps calme.
- Le glacier d’Aletsch, que l’on longe à pied depuis Bettmeralp ou Riederalp.
- Le Tessin, pour une Suisse méditerranéenne : Lugano, et le val Verzasca, où l’on se baigne dans une eau verte et transparente sous le pont de Lavertezzo (prudence, le courant peut être fort).
- L’Engadine, autour de Saint-Moritz et de Sils, ses lacs et ses mélèzes, à découvrir à bord du Bernina Express.
Pensez à réserver tôt vos hébergements à Zermatt, Grindelwald ou Lauterbrunnen en juillet et en août, et vérifiez les dates d’ouverture des remontées mécaniques, qui démarrent souvent mi-juin seulement en altitude.
Guide pratique pour un voyage en Suisse
- Y aller : le TGV Lyria relie Paris à Genève en un peu plus de trois heures, à Lausanne en environ trois heures quarante et à Bâle en environ trois heures. Des vols directs relient aussi plusieurs villes françaises à Genève.
- Se déplacer : le réseau ferré est dense et ponctuel, les horaires sont sur l’application des CFF. Le Swiss Travel Pass donne accès aux trains, bus et bateaux pendant un nombre de jours fixe, inclut l’entrée gratuite de plus de 500 musées et des réductions sur la plupart des trains de montagne. Il devient rentable si vous bougez presque tous les jours. Pour un séjour plus posé, la carte demi-tarif pour visiteurs peut suffire : comparez les deux sur le site des CFF avec votre itinéraire.
- En voiture : la vignette autoroutière coûte 40 francs pour l’année civile, en version électronique ou autocollante. Les cols alpins sont souvent fermés en hiver.
- Argent : la monnaie est le franc suisse (CHF). L’euro est parfois accepté, mais avec un taux défavorable et la monnaie rendue en francs. La carte bancaire passe presque partout.
- Téléphone : la Suisse n’est pas dans l’Union européenne, donc l’itinérance « comme à la maison » ne s’applique pas. Vérifiez votre forfait avant de partir ou prenez une option voyage.
- Langues : quatre langues nationales, l’allemand, le français, l’italien et le romanche. Le français suffit en Suisse romande ; ailleurs, l’anglais est très répandu.
- Prises : type J, avec trois broches. Les fiches plates à deux broches (chargeurs de téléphone) entrent généralement, les fiches rondes épaisses non : un adaptateur est utile.
- Eau : l’eau du robinet et celle de nombreuses fontaines publiques sont potables. Une gourde fait faire de vraies économies.
Le point qui fâche, je ne vais pas vous le cacher : la Suisse est chère, que ce soit pour se loger, manger au restaurant ou monter en altitude. Mes parades : pique-niques achetés au supermarché, une base fixe plutôt qu’un hôtel par nuit, et une seule grande excursion payante choisie selon la météo.
Pour boucler votre sac sans l’alourdir, j’ai rassemblé mes conseils pour voyager avec une valise légère. Et si vous aimez garder une trace de vos trajets en train, l’idée du carnet de voyage et journal de lecture se prête parfaitement aux longues heures de Glacier Express. Mes autres idées d’escapades se trouvent dans la rubrique Voyage et bien-être.
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