Métiers du cinéma : la liste complète, étape par étape
Par Audrey 26 août 2021 6 min de lecture
Les métiers du cinéma se répartissent en quatre grandes étapes : le développement et la préparation du film, le tournage, la postproduction, puis la sortie en salle. Chaque étape mobilise ses propres équipes, et un long métrage peut réunir plusieurs centaines de personnes au générique. Vous trouverez ci-dessous la liste complète, classée dans l’ordre où ces professionnels interviennent, avec une phrase claire sur ce que fait chacun.
J’ai longtemps cru, comme beaucoup, qu’un film se résumait à un réalisateur et à ses acteurs. Puis j’ai pris l’habitude de rester jusqu’au bout du générique de fin, et j’ai découvert des intitulés mystérieux : chef machiniste, scripte, étalonneur, ensemblier. Cette liste est celle que j’aurais aimé avoir sous la main à l’époque, que vous soyez simplement curieux, en pleine orientation ou en train de préparer un exposé.
La liste des métiers du cinéma, étape par étape
Développement et préparation (avant le tournage)
- Producteur : il porte le projet, réunit l’argent, engage le réalisateur et prend le risque financier. C’est lui qui détient les droits du film.
- Directeur de production : il établit le budget détaillé, négocie les contrats et veille à ce que le film reste dans ses moyens jusqu’à la fin.
- Scénariste : il écrit l’histoire, sa structure et ses scènes. Il peut être secondé par un dialoguiste, spécialiste des répliques.
- Réalisateur : il imagine le film en images et en sons, dirige les comédiens et prend les décisions artistiques, de la préparation au montage.
- Directeur de casting : il propose et auditionne les comédiens pour chaque rôle, des têtes d’affiche aux petits rôles.
- Repéreur : il cherche les lieux de tournage qui correspondent au scénario, les photographie et vérifie qu’on peut y filmer.
- Storyboarder : il dessine les plans du film case par case, comme une bande dessinée, pour que toute l’équipe visualise les cadrages.
- Premier assistant réalisateur : il bâtit le plan de travail (l’ordre de tournage des scènes) et fait respecter le planning sur le plateau.
- Chef décorateur : il conçoit les décors, construits en studio ou aménagés dans des lieux réels, avec son équipe de constructeurs et de peintres.
- Ensemblier : il choisit le mobilier et les objets qui habillent chaque décor.
- Chef costumier : il crée ou trouve les costumes de chaque personnage, en accord avec l’époque et la psychologie du rôle.
Le tournage
- Scripte : il note tout ce qui est tourné et veille aux raccords, pour qu’un verre à moitié plein ne soit pas vide au plan suivant.
- Régisseur général : il gère la logistique (autorisations de tournage, transports, repas, stationnement des camions).
- Directeur de la photographie, aussi appelé chef opérateur : il crée l’image du film, sa lumière et son ambiance, en dialogue constant avec le réalisateur.
- Cadreur : il manipule la caméra et compose chaque cadre pendant les prises.
- Premier assistant opérateur : il prépare la caméra et règle la mise au point (on parle aussi de « pointeur »).
- Second assistant opérateur : il gère le matériel caméra et tient le clap au début de chaque prise.
- Technicien d’image numérique : il sauvegarde et contrôle les fichiers vidéo tournés chaque jour, un poste né avec les caméras numériques.
- Chef électricien : il installe et règle les projecteurs selon les indications du directeur de la photographie.
- Chef machiniste : il installe les rails de travelling, les grues et tout ce qui fait bouger la caméra.
- Ingénieur du son (chef opérateur du son) : il enregistre les dialogues et les sons du plateau.
- Perchman : il tient la perche au bout de laquelle se trouve le micro, au plus près des comédiens mais hors du cadre.
- Accessoiriste : il gère tous les objets manipulés par les acteurs (téléphone, lettre, arme factice).
- Chef maquilleur et chef coiffeur : ils construisent l’apparence des personnages et la maintiennent identique d’une prise à l’autre.
- Habilleur : il aide les comédiens à se changer et entretient les costumes sur le plateau.
- Comédiens : ils interprètent les personnages. Autour d’eux travaillent les doublures, les cascadeurs encadrés par un coordinateur des cascades, et les figurants, qui peuplent l’arrière-plan.
- Photographe de plateau : il réalise les photos qui serviront à l’affiche et à la presse.
La postproduction
- Monteur : il choisit les meilleures prises et les assemble pour construire le récit, avec le réalisateur. Il est souvent aidé d’un assistant monteur.
- Monteur son : il nettoie les dialogues et ajoute les ambiances et les effets sonores.
- Bruiteur : il recrée en studio les bruits du film (pas, froissements de tissu, portes) en les jouant devant l’image.
- Mixeur : il équilibre dialogues, musique et effets pour obtenir la bande sonore finale.
- Compositeur : il écrit la musique originale du film.
- Superviseur des effets visuels : il pilote les trucages numériques, réalisés par des graphistes et des compositeurs d’images (le « compositing »).
- Étalonneur : il harmonise les couleurs et la lumière de tous les plans pour donner au film son aspect définitif.
- Directeur de postproduction : il organise le calendrier et le budget de toute cette phase, jusqu’à la livraison du film.
La sortie du film
- Distributeur : il achète le droit de sortir le film en salle, décide de la date et du nombre de copies, et finance la promotion.
- Attaché de presse : il organise les projections pour les journalistes et les interviews de l’équipe.
- Vendeur international : il propose le film aux distributeurs étrangers, souvent lors des grands festivals.
- Exploitant : il dirige la salle de cinéma et choisit, avec son programmateur, les films à l’affiche.
- Projectionniste : il assure la diffusion du film dans la salle.
Les métiers qu’on oublie (et que j’adore)
Ma préférence va à la scripte, un poste longtemps occupé surtout par des femmes, d’où le féminin qu’on entend encore souvent. Sans elle, les fautes de raccord se multiplient, et ce sont celles que les spectateurs adorent relever. Son travail paraît modeste, mais elle est la mémoire du tournage : les notes qu’elle tient chaque jour servent ensuite au monteur pour retrouver la bonne prise.
J’ai aussi un faible pour le bruiteur. Le jour où j’ai compris que le crissement de pas dans la neige d’un film pouvait venir d’un sachet de fécule pressé entre les doigts, je n’ai plus jamais écouté une scène de la même manière. C’est un métier d’artisan et d’oreille, qui se transmet beaucoup par l’expérience.
Enfin, l’étalonneur reste le grand inconnu du générique. C’est pourtant lui qui donne aux films leur couleur, au sens propre : les teintes chaudes d’un film d’époque, le bleu glacé d’un thriller. Si vous aimez les images autant que les histoires, les costumes de films et leur influence sur la mode racontent une autre facette de ce travail sur l’apparence.
Travailler dans le cinéma : ce qu’il faut savoir
On entre dans ces métiers par des voies très différentes. Il existe des écoles publiques reconnues, comme La Fémis ou l’École nationale supérieure Louis-Lumière, très sélectives, et des formations accessibles après le bac, comme le BTS métiers de l’audiovisuel, qui prépare aux postes techniques (image, son, montage, gestion de production). Des écoles privées existent aussi, avec des frais de scolarité élevés : renseignez-vous sur leur reconnaissance avant de vous engager.
Certains postes s’apprennent surtout sur le terrain. La régie, l’électricité ou la machinerie recrutent souvent des débutants comme stagiaires ou assistants, et la progression se fait de tournage en tournage : assistant caméra, puis cadreur, puis parfois directeur de la photographie. Les réalisateurs, eux, arrivent par l’école, le court métrage autoproduit, l’assistanat ou même l’écriture.
Je préfère être franche sur l’envers du décor. L’Onisep rappelle que près de 75 % des effectifs de l’audiovisuel sont intermittents, c’est-à-dire employés en contrats courts, le temps d’une production. Les journées de tournage sont longues, les périodes sans contrat peuvent être stressantes, et l’essentiel des entreprises est concentré en Île-de-France. Ce n’est pas une raison pour renoncer, mais mieux vaut le savoir avant de choisir sa voie. Les témoignages de professionnels, y compris ceux des réalisatrices et actrices qui ont dû s’imposer, montrent d’ailleurs que les parcours sont rarement linéaires.
Comment ces métiers s’enchaînent sur un film
Cette liste suit l’ordre chronologique, mais dans la réalité les équipes se chevauchent. Le monteur commence parfois à assembler les premières scènes pendant que le tournage continue, et le compositeur peut écrire avant même le premier clap. Pour voir comment ces étapes se déroulent concrètement, de l’écriture du scénario à la sortie en salle, j’ai détaillé les étapes de la réalisation d’un film.
Et si vous vous demandez comment tout cela a commencé, avec une poignée d’inventeurs et une caméra à manivelle, l’histoire vaut le détour : je l’ai racontée dans mon article sur l’invention du cinéma et les frères Lumière. Vous trouverez d’autres lectures sur le septième art dans la rubrique Livres et films.
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