Les genres littéraires : la liste des 5 grands genres et leurs sous-genres
Par Audrey 30 août 2021 7 min de lecture
On distingue en général cinq grands genres littéraires : le genre narratif (roman, nouvelle, conte), le genre poétique (poème en vers ou en prose), le genre théâtral (comédie, tragédie, drame), le genre argumentatif (essai, discours, fable, pamphlet) et le genre épistolaire (lettres et romans par lettres). Chacun se reconnaît à sa forme et à son intention : raconter, chanter, jouer, convaincre ou s’adresser à quelqu’un.
Pendant mes années de libraire, j’ai souvent aidé des collégiens et des parents à s’y retrouver avec ces étiquettes, qui n’ont pas grand-chose à voir avec les panneaux des rayons. Voici donc la liste complète, avec les sous-genres de chaque famille, un tableau à garder sous la main et quelques repères pour ne plus confondre genre, registre et courant.
La liste des genres littéraires en un coup d’œil
- Le genre narratif : raconter une histoire, réelle ou inventée, par la voix d’un narrateur. Sous-genres : roman, nouvelle, conte, récit autobiographique, épopée, mythe et légende.
- Le genre poétique : travailler la langue pour elle-même, son rythme et ses sonorités. Sous-genres : sonnet, ode, ballade, rondeau, haïku, poème en prose, calligramme, slam.
- Le genre théâtral : écrire pour la scène, avec des répliques et des didascalies. Sous-genres : tragédie, comédie, tragi-comédie, drame, farce, vaudeville, théâtre de l’absurde.
- Le genre argumentatif : défendre une idée et faire réfléchir. Sous-genres : essai, discours, pamphlet, maxime, dialogue philosophique, apologue (fable, conte philosophique, utopie).
- Le genre épistolaire : écrire à quelqu’un. Sous-genres : correspondance réelle, roman épistolaire, lettre ouverte.
| Genre | Intention | Forme reconnaissable | Exemple d’œuvre |
|---|---|---|---|
| Narratif | Raconter | Prose, paragraphes, chapitres, narrateur | Madame Bovary, Flaubert (roman) |
| Poétique | Émouvoir par la langue | Vers, strophes, rimes ou prose rythmée | Les Fleurs du mal, Baudelaire |
| Théâtral | Être joué | Noms des personnages, répliques, actes, scènes, didascalies | Phèdre, Racine (tragédie) |
| Argumentatif | Convaincre, faire réfléchir | Thèse, arguments, exemples | Candide, Voltaire (conte philosophique) |
| Épistolaire | S’adresser à un destinataire | Lettres datées, formules d’appel et de politesse | Les Liaisons dangereuses, Laclos |
Qu’est-ce qu’un genre littéraire ?
Un genre littéraire est une famille de textes qui partagent une forme et une intention. La forme, c’est ce que l’on voit sur la page : des vers, des répliques, des paragraphes, des lettres. L’intention, c’est ce que le texte cherche à produire chez le lecteur : suivre une histoire, ressentir une émotion, assister à un spectacle, changer d’avis.
L’idée est ancienne. Aristote, dans sa Poétique, distinguait déjà le récit de l’action jouée, et la tradition a longtemps retenu trois grandes catégories : l’épique, le lyrique et le dramatique. Les manuels scolaires d’aujourd’hui en comptent plutôt quatre (récit, poésie, théâtre, argumentation) ou cinq, en ajoutant l’épistolaire. Certaines fiches montent jusqu’à huit en détachant des formes comme l’autobiographie ou l’apologue. Aucune de ces listes n’est fausse : elles découpent le même paysage à des échelles différentes.
Le genre sert surtout de contrat de lecture. Quand vous ouvrez une pièce de théâtre, vous savez qu’il faudra imaginer la scène ; devant un recueil de poèmes, vous acceptez de lire lentement et de relire.
Les 5 grands genres et leurs sous-genres
Le genre narratif
C’est le plus fréquenté, de loin. Un narrateur raconte une suite d’événements, à la première ou à la troisième personne, en alternant actions, descriptions et dialogues. Ses principaux sous-genres :
- Le roman : récit long en prose, lui-même découpé en une foule de catégories (policier, thriller, science-fiction, fantasy, historique, d’aventures, d’amour, d’apprentissage, fantastique).
- La nouvelle : récit bref, souvent tendu vers une chute. Le Horla de Maupassant en est un classique.
- Le conte : « Il était une fois », un temps hors du temps, du merveilleux et des personnages types, comme chez Perrault ou les frères Grimm.
- Le récit autobiographique : l’auteur raconte sa propre vie, comme Rousseau dans Les Confessions.
- L’épopée : le récit des exploits d’un héros, à l’image de L’Odyssée attribuée à Homère.
- Le mythe et la légende : récits fondateurs, souvent transmis oralement avant d’être écrits.
Le roman est aussi le genre où les étiquettes se multiplient le plus vite. Si vous aimez les intrigues qui serrent la gorge, ma sélection de thrillers psychologiques à lire vous montrera à quel point un sous-genre peut avoir ses propres codes.
Le genre poétique
La poésie met la langue au premier plan : le rythme, les sonorités, les images comptent autant que le sens. Elle s’écrit le plus souvent en vers, mais pas toujours.
- Le sonnet : 14 vers répartis en deux quatrains et deux tercets.
- L’ode et la ballade : formes anciennes, l’une lyrique et solennelle, l’autre construite sur un refrain.
- Le rondeau : poème à forme fixe bâti sur des reprises.
- Le haïku : poème japonais très bref de trois vers.
- Le poème en prose : pas de vers, mais un travail du rythme, comme dans Le Spleen de Paris de Baudelaire.
- Le calligramme : le texte dessine ce dont il parle, comme chez Apollinaire.
- Le slam : poésie contemporaine écrite pour être dite à voix haute.
Le genre théâtral
Le texte de théâtre est écrit pour être joué. On le reconnaît à sa mise en page : noms des personnages devant chaque réplique, découpage en actes et en scènes, didascalies (souvent en italique) qui indiquent gestes, décors et tons.
- La tragédie : des personnages nobles face à un destin qui les écrase. Le théâtre classique français l’encadrait par la règle des trois unités (action, temps, lieu).
- La comédie : elle fait rire en corrigeant les travers, comme chez Molière.
- La tragi-comédie : sujet grave, fin heureuse, à l’image du Cid de Corneille.
- Le drame : il mêle le sublime et le grotesque ; Hernani de Victor Hugo, créé en 1830, en est l’emblème romantique.
- La farce et le vaudeville : un comique rapide, de situations et de quiproquos.
- Le théâtre de l’absurde : En attendant Godot de Beckett ou La Cantatrice chauve d’Ionesco.
Le genre argumentatif
Ici, l’auteur veut convaincre, persuader ou au moins faire réfléchir. La forme varie beaucoup, ce qui rend ce genre parfois difficile à repérer.
- L’essai : une réflexion personnelle et libre, dont les Essais de Montaigne ont donné le nom.
- Le discours et le pamphlet : l’un s’adresse à un auditoire, l’autre attaque avec virulence.
- La maxime : une vérité générale en une phrase, comme dans les Maximes de La Rochefoucauld.
- Le dialogue philosophique : la pensée avance par l’échange, comme chez Platon.
- L’apologue : un récit court qui porte une leçon. Il regroupe la fable (La Fontaine), le conte philosophique (Candide) et l’utopie.
Le genre épistolaire
Tout texte qui prend la forme d’une lettre adressée à un destinataire. C’est le genre le moins présent en librairie, alors que c’est sans doute celui que nous pratiquons tous le plus.
- La correspondance réelle : les lettres de Madame de Sévigné à sa fille en sont le modèle.
- Le roman épistolaire : une fiction entièrement composée de lettres, comme Les Liaisons dangereuses de Laclos ou les Lettres persanes de Montesquieu.
- La lettre ouverte : publiée pour être lue par tous, elle penche vers l’argumentatif. « J’accuse…! » de Zola, paru en 1898 dans L’Aurore, en est l’exemple le plus célèbre.
Les écritures à la frontière des genres
Certaines formes entrent mal dans les cinq cases. L’autobiographie, les mémoires et le journal intime sont souvent rangés dans le narratif, mais beaucoup de manuels en font une famille à part, justement parce que l’auteur, le narrateur et le personnage sont la même personne. La bande dessinée et le roman graphique racontent avec des images autant qu’avec des mots. Quant à la littérature jeunesse et au young adult, ce sont des publics plus que des genres : on y trouve des romans, des contes, de la poésie. J’en parle dans ma liste de romans young adult à lire même adulte.
C’est ma réserve sur ces classifications : elles rassurent, mais les plus beaux livres se moquent des frontières. Candide est à la fois un récit et une démonstration ; un roman peut être écrit en vers ; une pièce peut se lire comme un poème. Le critique Maurice Blanchot allait jusqu’à refuser la notion même de genre. Prenez la liste comme une carte, pas comme une cage.
Genre, registre et courant : ne pas confondre
Ces trois mots reviennent dans les mêmes copies et se mélangent facilement.
- Le genre désigne la forme du texte : roman, poème, pièce, essai, lettre.
- Le registre (ou tonalité) désigne l’effet produit sur le lecteur : comique, tragique, lyrique, pathétique, épique, fantastique, satirique. Une comédie peut avoir des passages pathétiques, un roman peut être épique.
- Le courant désigne un mouvement d’une époque, qui traverse plusieurs genres : humanisme, classicisme, Lumières, romantisme, réalisme, naturalisme, symbolisme, surréalisme.
Un exemple pour fixer les idées : Hernani est une pièce de théâtre (genre), un drame aux accents lyriques et épiques (registres), et un manifeste du romantisme (courant).
Les genres de livres en librairie : ce que disent les rayons
Quand on cherche « genres de livres », on pense souvent aux rayons d’une librairie, et là, la logique change. Les libraires classent d’abord par usage et par lecteur : littérature française, littérature étrangère, polar et thriller, imaginaire (science-fiction, fantasy, fantastique), romance, poésie, théâtre, essais et documents, jeunesse, young adult, bande dessinée et manga, poches. Le roman, à lui seul, éclate dans une dizaine de rayons.
Quand je conseillais quelqu’un, je demandais rarement « quel genre ? ». Je demandais plutôt « qu’avez-vous aimé récemment, et pourquoi ? ». Une lectrice de Pagnol pouvait adorer un roman feel good, un amateur de polars se laisser surprendre par une pièce. Si vous cherchez justement un livre qui réconforte, ma sélection de romans feel good qui font du bien part de cette idée : on choisit selon une humeur plus que selon une case.
Comment reconnaître le genre d’un texte
Si vous devez identifier un extrait, pour un devoir ou par simple curiosité, observez dans l’ordre :
- La mise en page : des vers et des strophes (poésie), des noms en tête de répliques (théâtre), une date et une formule d’appel (lettre), des paragraphes continus (récit ou essai).
- Le paratexte : titre, nom de l’auteur, mention « roman », « comédie en cinq actes », « recueil ».
- Qui parle et à qui : un narrateur qui raconte, des personnages qui se répondent, un « je » qui argumente ou qui écrit à un « vous ».
- L’intention : le texte veut-il raconter, émouvoir, être joué, convaincre ?
Avec ces quatre questions, la grande majorité des textes se laissent ranger en quelques secondes. Et pour le plaisir de lire au-delà des exercices, je vous laisse avec mon article sur les bienfaits de la lecture au quotidien.
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